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Additifs alimentaires : ces perturbateurs invisibles de l’attention

  • Photo du rédacteur: mayadedecker
    mayadedecker
  • 17 mai
  • 3 min de lecture

Article paru dans le magazine BIOINFO de mai 2026


Cet article fait partie d’une série de 3 volets sur le thème « Quand l’alimentation devient un levier thérapeutique ». Ce mois-ci : les additifs et l’hyperactivité. Prochain numéro : le régime paléo et les maladies auto-immunes.


Et si l’alimentation influençait le comportement de votre enfant ?

Chez certains enfants, les troubles de l’attention ou l’hyperactivité peuvent être en partie liés à ce qu’ils mangent au quotidien. Colorants, exhausteurs de goût, conservateurs… Leur impact sur la santé est étudié et leur influence sur le comportement est aujourd’hui scientifiquement validée.

Attention : l’alimentation n’est ni la seule cause, ni la seule solution. Elle ne remplace pas un accompagnement médical lorsque celui-ci est nécessaire. Elle constitue un levier complémentaire, qui peut faire une réelle différence — surtout lorsqu’elle est adaptée aux besoins individuels de chacun.

Outre les additifs, d’autres liens existent entre l’alimentation et le TDA/H. Cet article se concentre uniquement sur les additifs.


Des substances pas si anodines

Les additifs alimentaires — colorants, conservateurs, exhausteurs de goût — sont omniprésents dans les produits industriels. Pourtant, ils ne sont pas neutres, en particulier pour les enfants, dont le système nerveux est en plein développement.

Dès les années 1960, le pédiatre Ben Feingold, pionnier dans l’étude des liens entre allergies et comportement, a été l’un des premiers à observer l’impact de certains additifs sur les troubles de l’attention. Depuis, de nombreuses études ont confirmé un lien significatif entre ces substances et le TDA/H chez les enfants et les adolescents.

Parmi elles, l’étude de Southampton (2007, The Lancet) a marqué un tournant. Menée en double aveugle sur 7 additifs (dont les colorants E102, E110 et E129), elle a révélé leur effet perturbateur sur le comportement des enfants. Ses conclusions ont été si convaincantes que l’Union européenne a imposé, dès 2010, un avertissement obligatoire sur les produits contenant ces additifs : « Peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants ».

Aujourd’hui, les recherches se poursuivent, notamment à l’hôpital universitaire de Sydney. Leur travail a permis d’identifier plus de 50 additifs supplémentaires susceptibles d’influencer les troubles de l’attention ou du comportement chez les enfants


Pourquoi un tel impact sur le comportement ?


Les mécanismes sont multiples :


  1. Perturbation des neurotransmetteurs :

    Certains additifs peuvent déséquilibrer la dopamine et la noradrénaline, deux molécules clés pour la concentration et la régulation des émotions. À titre de comparaison, certains médicaments contre le TDAH (comme le métylphénidate) agissent justement en modulant ces mêmes neurotransmetteurs.


  2. Réponse inflammatoire :

    Des études montrent que certains additifs peuvent provoquer une inflammation cérébrale, corrélée à des symptômes comme l’inattention ou l’impulsivité.


  3. Dérèglement de la glycémie :

    Certains additifs pourraient aussi causer une instabilité du taux de sucre dans le sang, ce qui peut aussi influencer l’humeur et le comportement.


Résultat : ces perturbations peuvent se traduire par des difficultés à se concentrer, une agitation accrue ou des sautes d’humeur.


Tous les enfants réagissent-ils de la même manière ?


Non ! Et c’est là que réside toute la complexité — et l’intérêt — d’une approche personnalisée comme le Profilage Alimentaire.


Un même additif peut être toléré par un enfant… et provoquer des réactions chez un autre.

Cette variabilité individuelle explique pourquoi le sujet est parfois minimisé ou ignoré : ce qui ne pose pas de problème à la majorité peut avoir un impact significatif sur certains enfants sensibles.

C’est précisément le défi — et la force — du Profilage Alimentaire : identifier quels aliments affectent chaque personne, ici et maintenant, pour agir de manière ciblée.


Agir au quotidien : 3 gestes simples pour limiter les additifs


Voici les premiers pas pour limiter l’exposition aux additifs


  1. Lisez les étiquettes:

    Tournez le paquet : si la liste des ingrédients ressemble à une équation chimique (E102, E621…), reposez-le ! Privilégiez les produits dont vous comprenez tous les ingrédients.


  2. Cuisinez maison :

    Remplacer les plats industriels par des versions faites maison réduit considérablement l’exposition aux additifs.


  3. Privilégiez le bio :

Tous des additifs incriminés dans le TDA/H y sont interdits (à une exception près : les nitrates dans certaines charcuteries, à vérifier sur l’étiquette, donc).


Bonne nouvelle : De plus en plus de fabricants remplacent les colorants chimiques par des alternatives naturelles (spiruline, curcuma, betterave).


Des résultats visibles — et encourageants


Ces changements demandent un petit effort d’organisation, mais les bénéfices sont souvent au rendez-vous.

De nombreux parents observent des améliorations : meilleure concentration, moins d’agitation, voire même une peau plus saine ou une digestion facilitée.

Rappel important : L’alimentation ne remplace pas un accompagnement médical lorsque celui-ci est nécessaire.


Retrouvez mon prochain article le mois prochain sur le thème de l’alimentation paléo et les maladies auto-immunes.


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