Maladies auto-immunes : et si notre assiette jouait un rôle ?
- mayadedecker

- il y a 5 jours
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Article paru dans le magazine BIOINFO de juin 2026
Cet article fait partie d’une série de 3 volets sur le thème « Quand l’alimentation devient un levier thérapeutique ». Ce mois-ci : le régime paléo et les maladies auto-immunes. Prochain numéro : le régime des glucides spécifiques et les maladies chroniques inflammatoires de l’intestin.
Les maladies auto-immunes, comme la polyarthrite rhumatoïde, la thyroïdite de Hashimoto ou le lupus, sont en augmentation. Leur point commun ? Un système immunitaire qui s’emballe et attaque ses propres tissus. Les causes sont multifactorielles : génétique, environnement, mode de vie, dysbiose intestinale.
Si nous pouvons difficilement modifier nos gènes, nous pouvons agir sur les autres facteurs et dans ce cadre, l’alimentation joue un rôle clé. C’est là que le régime paléo entre en jeu.
Attention : Il n’est pas question ici de remplacer un traitement ou un suivi médical. Une réforme de l’assiette doit être envisagée comme un complément aux approches médicales. Par ailleurs, toute réforme alimentaire doit être accompagnée par un professionnel qualifié. Retrouvez la liste des thérapeutes formés au Profilage Alimentaire sur www.profilagealimentaire.com
Un décalage avec notre biologie ?
Le principe du régime paléo consiste à revenir à une nourriture plus proche de celle qui a accompagné l’évolution humaine.
L’idée est que notre patrimoine génétique a peu évolué depuis l’apparition de l’agriculture, il y a environ 10 000 ans. Notre organisme serait donc mieux adapté, dans certains cas, à une alimentation de type paléolithique (c’est-à-dire d’avant la naissance de l’agriculture).
L’être humain du paléolithique était chasseur-cueilleur. Il consommait des légumes, des fruits, des poissons, des viandes, des œufs, des noix. Il ne consommait ni céréales, ni produits laitiers, ni additifs, ni sucres raffinés. Les aliments étaient bruts et non transformés.
Concrètement, l’alimentation paléo actuelle privilégie donc :
les légumes variés
les protéines animales de qualité
les bonnes graisses peu transformées
les fruits
les graines et oléagineux
Les aliments suivants sont exclus :
les céréales (blé, riz, maïs, avoine…) et donc le gluten
les produits laitiers (de vache de chèvre ou de brebis)
les sucres (tous, sauf le miel qui est autorisé)
les additifs et les aliments ultra transformés
les huiles végétales industrielles
Des données scientifiques sérieuses…
Il existe de nombreuses versions de l’alimentation paléo. Parmi elles, le protocole AIP (Autoimmune Protocol) est une version plus stricte, conçue spécifiquement pour les maladies auto-immunes.
Ce protocole a fait l’objet d’études sérieuses montrant des résultats encourageants dans plusieurs maladies auto-immunes.
Des effets positifs ont notamment été observés en cas de thyroïdite de Hashimoto (Abbott et al., 2019 ; Ihnatowicz et al., 2023), avec amélioration de certains marqueurs et de la qualité de vie. D’autres travaux rapportent des améliorations chez des patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde (McNeill, 2022)., de psoriasis ou de sclérose en plaques (Irish et al. 2017).
…confirmées par mon expérience de terrain
Dans ma pratique, j’observe régulièrement que des ajustements alimentaires bien conduits peuvent apporter des améliorations parfois remarquables.
Nathalie, 69 ans : En rémission d’une polyarthrite rhumatoïde depuis 10 ans grâce à une réforme alimentaire incluant l’alimentation paléo en début de parcours.
Julie, 38 ans : diagnostiquée Hashimoto il y a huit ans, a suivi un protocole de type paléo personnalisé. Elle a réussi à maîtriser ses symptômes. A ce jour, elle reste sans médication et conserve un bon équilibre clinique.
Marie, 57 ans : Récemment diagnostiquée d’une polyarthrite rhumatoïde, ses douleurs et autres symptômes considérablement diminué après 3 semaines d’alimentation paléo adaptée.
(Prénoms d’emprunt)
Cependant, ces résultats ne sont pas universels. Chaque organisme réagit différemment.
Une individualisation indispensable
Il serait pourtant erroné de penser qu’il suffirait de “manger paléo” pour obtenir les mêmes résultats chez tout le monde.
D’autant plus que la paléonutrition n’est pas une école unique. Certains courants autorisent par exemple le riz ou le quinoa, d’autres des petites quantités de fromage au lait cru. Autant de variantes qui peuvent correspondre à la physiologie unique de chacun.
En effet chacun a un métabolisme qui lui est propre. Certaines personnes tolèrent très bien les produits laitiers mais réagissent aux céréales. D’autres ont besoin de davantage de glucides. Certaines supportent mal les crudités, d’autres ont besoin d’un travail prioritaire sur la digestion, le microbiote ou la glycémie.
En Profilage Alimentaire, on cherche à identifier l’assiette qui soutient la santé d’une personne donnée en fonction de sa physiologie unique et de ses déséquilibres individuels.
Lorsqu’elle est bien ciblée et adaptée à la personne, l’assiette devient un véritable outil thérapeutique.
Retrouvez mon prochain article en septembre sur le thème des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.
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